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Voici un article quasi retour d’expérience sur la relation particulière qui existe entre agence de communication et TPE. Après 3 ans d’activité en tant que freelance, j’ai eu l’occasion de travailler avec tout type d’entreprise. Du grand groupe bancaire à l’artisan, de la start up à la PME familiale. Un rapide bilan me fait dire que la TPE est — de loin — mon type de client préféré. Ma clientèle se compose d’ailleurs aujourd’hui majoritairement de ces “très petites entreprises”, qui n’ont de “très petit” que la dénomination administrative. Leurs ambitions, leurs envies et ce qu’elles réalisent sont souvent, en comparaison, très grandes. Bien que freelance (et donc seul), j’ai plutôt l’air d’une agence de communication pour les TPE, qui préfèrent souvent centraliser leur com’. Insights sur ce type de client bien à part.

Ce qu’attendent les TPE d’une agence de communication

La polyvalence, pour des raisons pratiques évidentes

Rappelons qu’une TPE est une “très petite entreprise” qui a moins de 10 salariés. Aussi, il n’est pas rare que les 9 heureux dépassent leurs fonctions et se trouvent en charge de tâches qui auraient ailleurs leurs services dédiés.
Aussi, elle attend la même chose de ses partenaires. Personnellement, c’est souvent via une prestation spécifique que je commence à travailler avec une TPE. Une carte de visite, un logo, un tract… Puis la relation commerciale s’étoffe avec le reste des éléments de la communication, en fonction des besoins de l’entreprise. C’est ainsi que je me trouve aujourd’hui à développer aujourd’hui tous les éléments de communication de Groupimmo Alsace, depuis les cartes de visites jusqu’au marquage des voitures…
Cette polyvalence est synonyme de gain de temps, de praticité et parfois d’économies pour une TPE. Indispensable.

Mon partenariat avec Groupimmo Alsace dure depuis maintenant 5 ans… Ma relation la plus longue après celle de mon couple…

La flexibilité, le nerf de la guerre (commerciale)

Il est rare qu’une TPE puisse anticiper son activité sur le très long terme. Son combat s’oriente plus vers une problématique de trésorerie au quotidien. Elle a donc besoin de s’adapter rapidement à son marché. Et cette adaptation demande que ses prestataires soient flexibles.
Réactifs d’abord pour pouvoir produire rapidement en fonction d’opportunités ou de menaces qui peuvent se présenter. Une tendance qui émerge et sur laquelle l’entreprise pourrait surfer ? Pas de temps à perdre pour une étude de marché, il faut une opération de communication. Là, maintenant, pas la semaine prochaine.
Cette flexibilité peut aussi s’entendre d’un point de vue financier. Il est indispensable d’être capable de s’adapter aux problématiques de trésorerie d’une TPE. Je ne dis pas d’accepter des délais de paiement à 6 mois, mais pouvoir faire preuve d’adaptabilité est un vrai atout pour les deux parties.

Le conseil, pilier de ce que recherche une TPE chez son partenaire

Nous l’avons vu, le dépassement de fonction est courant dans les effectifs d’une TPE. J’ai déjà vu par exemple le responsable commercial être aussi naturellement ce qu’une grosse entreprise aurait nommé “responsable SAV”.
Du coup, la TPE a l’habitude de gérer les problématiques qui ne constituent pas son coeur de métier sans avoir recours à des spécialistes. Et lorsqu’elle aura besoin de conseils concernant son site Internet, peu importe que vous ne fassiez que du print. C’est de la com’, elle vous demandera. Elle n’a pas de service communication et vous prendra comme tel.
Pour l’anecdote, il m’est déjà arrivé d’aider (du moins de tenter) un client dont j’avais fait le site pour un souci avec son imprimante. Le raccourci était vite fait: site web = ordinateur = service informatique. Cet aspect de conseil est une vraie attente envers les agences de communication des TPE.

L’avantage de travailler avec les TPE pour les communicants

Être en prise direct avec les décideurs

Histoire vraie: missionnés par le service marketing d’un grand groupe bancaire, nous travaillons avec mon associé de l’époque sur un simulateur orienté gaming pour les réseaux sociaux. Compte-tenu du flou artistique du projet, nous décidons de travailler sur une succession de prototypes afin d’affiner les besoins et les possibilités du projet. Passons sur le budget faramineux dont dispose le service pour celui-ci, je ne vais pas me plaindre. Présentation du premier simulateur avec la responsable du service: debrief, bilan, modifications à faire, rdv pris pour plus tard. Nouveaux prototype, réunion n°2. La responsable en congés, rendez-vous avec son n+2 (sic). Bilan: le projet ne l’intéresse pas, ils l’ont laissée “jouer” mais savaient très bien que l’idée était mauvaise. Autrement dit, 3 mois de travail pour nous, un budget fou pour “jouer”.
Avec une TPE, il n’y a pas de n+23, on parle directement avec celle ou celui qui décide, qui valide et surtout, qui a conscience de l’investissement. Et cela implique de la considération pour le travail de tout le monde. Fort appréciable.

Eprouver parfois le vent de la liberté

Un grand groupe a des moyens, des ressources et beaucoup de services. Beaucoup d’employés et donc beaucoup d’avis. D’expérience, j’ai participé à des petits déjeuners marketing à débattre sur la teinte d’un rose pour un packaging produit. Un vrai débat, long, argumenté. Cela laisse un aperçu de la place laissée à la fantaisie et à la prise de risque. Une modification de police peut parfois demander la mise en place d’études de marché. Bien sûr, ce n’est pas une règle universelle.
En revanche, l’expérience m’a montré que l’audace et l’essai fait partie intégrante des TPE. Elles acceptent plus facilement de tenter des choses. D’éditer de petits volumes, de laisser un peu de liberté aux “créatifs”. Et de se baser sur le retour expérience plutôt que des vérités venues d’ailleurs… Conscientes de ne pas avoir les moyens de s’offrir des panels Nielsen actualisés tous les trimestres, les TPE jouent souvent le jeu de l’instinct, du risque et du test. Un vrai bonheur.

Un film tout en humour et en second degré (ou pas) sur la liberté des agences de pub: 99F de Yan Kounen

L’occasion de créer une relation de confiance

Darty ayant déposé le “contrat de confiance”©, il m’est impossible de l’utiliser ici. Pourtant ça collerait bien. Travailler avec une TPE abouti souvent à une implication particulière au sein de la société. On connait rapidement l’intégralité des salariés (rappelons qu’ils ne sont que 9). On assiste à des réunions globales, amenant à être au courant du quotidien de la société.
Au final, j’ai beaucoup plus l’impression d’être un vrai partenaire pour mes clients TPE que pour tout autre. Je suis devenu parfois proche de certains dirigeants et presque un service détaché de leurs entreprises. Je considère cela comme un vrai plus, ayant un regard plus global, me permettant de comprendre plus précisément leurs enjeux. D’être donc capable de proposer des idées plus fines, et d’être force de proposition et non un simple exécutant…

Pour conclure, cette relation entre agence de communication et TPE est donc spéciale. Les TPE attendent une polyvalence, une réactivité et une force de conseil de la part de l’agence. En contrepartie, les TPE permettent certaines libertés dans un vrai partenariat pour les créatifs.
Mais pour que cela fonctionne, il est indispensable d’établir une relation de confiance, de faire preuve d’empathie et ne jamais oublier que la relation humaine avec les décideurs de la société est essentielle. C’est à ce prix que les deux parties en tireront le maximum de bénéfice.

Si cet article vous a intéressé, je vous invite à lire celui dédié aux agences de communication et startup… Autre client, autre cas de figure !